Le Royaume-Uni s’apprête à mener en 2027 le plus grand exercice national de défense intérieure depuis plusieurs décennies, afin de tester sa préparation face à des hostilités internationales susceptibles d’affecter le territoire national. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une accélération de la planification de la défense intérieure, incluant la mise à jour du « War Book » gouvernemental.
Darren Jones, secrétaire en chef auprès du Premier ministre, a présenté cet engagement lors de la première déclaration annuelle sur la résilience nationale devant le Parlement. Cette annonce s’accompagne de rapports sur la mise en œuvre du Plan d’action pour la résilience et de la Stratégie de sécurité biologique. « Nous avons aussi accéléré notre planification de la défense intérieure, y compris la mise à jour du War Book et un renforcement de la coordination entre les efforts militaires et civils en cas d’hostilités internationales affectant le Royaume-Uni », a déclaré Darren Jones. « Nous testerons rigoureusement ces plans lors du plus grand exercice de défense intérieure britannique de ces dernières décennies en 2027, afin de garantir que, si le pire devait arriver, nous soyons toujours prêts. »
Le War Book, manuel classifié du gouvernement destiné à la gestion de la transition en temps de guerre, remonte au contexte de la Guerre froide, période durant laquelle ses différentes versions décrivaient la réaction de Whitehall face à l’escalade des crises et des conflits. Sa récente actualisation témoigne d’une attention renouvelée à la défense intérieure dans un contexte de tensions accrues avec la Russie. Jones a également souligné que les dépenses de défense devraient atteindre près de 80 milliards de livres sterling par an d’ici 2029, qualifiant ce budget de « plus forte augmentation soutenue depuis la Guerre froide ». Il a enfin insisté sur le rôle essentiel des services publics résilients et des infrastructures pour assurer la sécurité nationale du pays.
Cette déclaration accompagne la publication de la dernière version du Registre national des risques, version publique de l’évaluation classifiée des risques pour la sécurité nationale qui recense au total 95 menaces. Darren Jones a évoqué les conflits au Moyen-Orient ainsi que la guerre menée par la Russie en Ukraine, qui ont révélé des vulnérabilités dans les chaînes d’approvisionnement énergétique mondiales. Il a également mis en garde contre les risques liés à l’intelligence artificielle : « elle offre de grandes opportunités, mais aussi des menaces si elle est détournée par des criminels contre nous », notamment par de nouvelles formes d’attaques cybernétiques hostiles visant les entreprises et les infrastructures critiques. Sur le volet du changement climatique, il a affirmé que les risques « ne doivent pas être sous-estimés », citant les records de température enregistrés en mai puis battus à nouveau en juin.
Une campagne nationale de sensibilisation à la résilience sera lancée d’ici la fin de l’année afin d’informer la population sur « les petites mais importantes mesures à prendre pour se préparer en cas d’urgence ou de perturbation », qu’il s’agisse d’intempéries sévères ou d’une cyberattaque affectant l’approvisionnement en électricité, eau, télécommunications ou alimentation. Par ailleurs, le gouvernement propose une consultation publique sur la Civil Contingencies Act de 2004, la loi qui régit depuis plus de vingt ans la préparation aux urgences au Royaume-Uni, afin d’identifier les éventuels besoins de mise à jour. Deux nouvelles stratégies seront également publiées cette année, consacrées à la résilience énergétique et à la résilience des transports.
Concernant la sécurité biologique, Darren Jones a alerté sur la menace qu’une future pandémie ou l’usage d’armes biologiques par des acteurs hostiles « pourrait laisser une empreinte durable sur la résilience sociale et économique du Royaume-Uni ». Il a néanmoins rapporté des progrès notables au cours de l’année écoulée.
Parmi ces avancées figurent l’exercice Pegasus, la plus grande simulation de pandémie de niveau 1 jamais organisée au Royaume-Uni, la création d’un Réseau national des centres de biosécurité soutenu par un investissement de 1,83 milliard de livres, la construction d’un nouveau centre de production de vaccins à ARN messager par Moderna, l’adoption d’une Stratégie de préparation face aux pandémies appuyée par plus d’un milliard de livres supplémentaires destinés à la protection sanitaire, ainsi que la mise en service d’un système de surveillance des menaces biologiques fournissant des données en temps réel, complété par de nouvelles méthodes de suivi croisé entre intelligence artificielle et biologie.