Article de 1424 mots ⏱️ 7 min de lecture

Thales accélère fortement la production sur ses principaux programmes de défense. Entre 2024 et 2026, les investissements industriels du Groupe augmenteront de plus de 40%, atteignant environ 830 à 850 millions d’euros en 2026.

Ces investissements ciblent notamment sept grands domaines dans les secteurs de la surveillance aérienne, la défense aérienne, les systèmes d’armement, les sonars et les communications militaires. Ils sont déployés sur plusieurs sites industriels de Thales en France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni et au-delà, afin d’augmenter les capacités existantes, moderniser les infrastructures, investir dans l’ingénierie et les systèmes d’information, et réduire les délais de livraison.

Pour accompagner cette croissance dans ses marchés clés, le Groupe prévoit de recruter plus de 9 000 employés dans le monde en 2026, dont 70 % en Europe.

1. Renforcement des radars Ground Master et Ground Surveillance en France, aux Pays-Bas et en Allemagne

La famille des radars Ground Master (GM) de Thales connaît un fort succès international, avec plus de 285 unités vendues dans plus de 35 pays. Pour répondre à cette demande, Thales augmente ses capacités de production de radars de surveillance aérienne et de défense aérienne, notamment en multipliant par quatre la production radar de défense en France et aux Pays-Bas entre 2021 et 2025. Dans le cadre de cette expansion, Thales a signé en juin 2026 un partenariat stratégique avec le ministère de la Défense néerlandais pour étendre la production et les capacités de test des radars à Hengelo, ce qui permettra d’augmenter la production d’antennes de 60 % supplémentaires entre 2025 et 2028.

En Allemagne, la capacité de production des radars Ground Observer 12 (GO12) sera multipliée par cinq d’ici fin 2026. Cette décision suit une commande passée en juin par l’Office fédéral de l’équipement, de l’informatique et du soutien logistique de la Bundeswehr (BAAINBw) pour 60 systèmes GO12, radar portable de reconnaissance et d’artillerie capable de détecter drones et véhicules à 360°, développé en Allemagne et fabriqué à Ditzingen (Bade-Wurtemberg). Ce matériel est déjà en service dans 20 pays.

2. Accélération de la production des roquettes à guidage laser à Herstal, Belgique

Sur son site de Herstal en Belgique, Thales a lancé un programme d’investissement pour augmenter significativement les capacités de production des roquettes non guidées et des munitions guidées de calibre 70 mm. La production de roquettes à guidage laser (LGR) doit être multipliée par cinq entre 2024 et 2026, puis par trois entre 2026 et 2028. Cette accélération repose sur l’intégration verticale des activités critiques, un recrutement accéléré et une augmentation des achats locaux. La première phase bénéficie d’un financement européen dans le cadre du programme ASAP.

3. Quadruplement de la production de munitions à La Ferté-Saint-Aubin, France

Le site de La Ferté-Saint-Aubin vise à quadrupler sa production entre 2023 et 2026. Cette montée en cadence est soutenue par un important investissement de modernisation, avec une fonderie automatisée de dernière génération. Le site s’appuie sur un réseau de plus de 400 fournisseurs répartis en France, représentant un engagement annuel de plus de 120 millions d’euros.

4. Défense aérienne SAMP/T : hausse de la part de production de Thales multipliée par cinq

Dans le cadre du système de défense aérienne opérationnel et validé SAMP/T NG de l’OTAN, pour lequel Thales fournit des composants clés, le Groupe vise à doubler la production afin de répondre à la demande croissante des forces européennes. La version française intègre un radar Ground Fire de Thales, offrant une portée inégalée jusqu’à 400 km et une couverture panoramique à 360° avec une élévation de 90°. Thales est également intégrateur du système de commande et de contrôle de tir (ME-NG – Next Generation Engagement Module), développé en partenariat avec MBDA. SAMP/T NG est au cœur de SkyDefender, un système intégré multi-couches et multi-domaines de défense aérienne et antimissile lancé en 2024 par Thales. Sa conception ouverte et modulaire facilite l’intégration aux défenses existantes et son évolution face à la montée des menaces.

5. LMM : montée en puissance de la production à Belfast, Royaume-Uni

La production du missile léger multi-rôle (LMM) à Belfast a été multipliée par quatre entre 2022 et 2025, reflétant une forte montée en capacité manufacturière, avec un plan visant à soutenir une augmentation de la production par sept dans les quatre prochaines années.

6. Systèmes navals : renforcement de la production et développement dans la guerre sous-marine

La production des sonars navals CAPTAS en France a été multipliée par 2,5 entre 2024 et 2025, témoignant d’une augmentation notable des capacités pour répondre aux besoins croissants dans la lutte anti-sous-marine.

Dans la lutte contre les mines, Thales propose de nouvelles solutions plus agiles avec des délais de livraison réduits de moitié, passant de 20 à 10 mois pour ses sonars de contre-mesures.

Avec le projet d’acquisition d’Exail Technologies, Thales vise à renforcer sa position dans le marché de la guerre sous-marine et à étendre ses compétences en systèmes de navigation inertielle grâce à l’expertise complémentaire d’Exail.

7. Communications militaires : transformation accélérée sur les sites européens

En juin 2025, Thales a inauguré à Cholet (France) son nouveau Centre d’Excellence mondial dédié aux radiocommunications, ainsi qu’un hub logistique de pointe. Ce site est un acteur historique des communications militaires, depuis les radios PR4G vendues à plus de 800 000 exemplaires dans 50 pays, jusqu’aux radios définies par logiciel SYNAPS, en passant par une production multipliée par quatre des équipements de brouillage Eclipse. Un plan d’investissement significatif est prévu d’ici 2030 pour consolider les activités françaises en communications sécurisées, couvrant la radio, la cryptographie, les communications satellite, les réseaux déployables et la guerre électronique.

À Tubize, en Belgique, le site s’étend avec une nouvelle coentreprise dédiée aux systèmes terrestres, en coopération avec JCD et FN Herstal, ainsi qu’un centre de conversion de véhicules blindés. Aux Pays-Bas, la production des communications véhicules SOTAS a triplé depuis fin 2023, soutenue par un nouveau site à Amsterdam. La production radio est prête à croître de 30 à 50 %. Pour illustrer cette agilité, Thales a livré environ 205 kits de hybridation civilo-militaire en un an pour la France et d’autres pays de l’OTAN. Le centre de compétence Roumanie a été étendu pour couvrir C4I, Cloud et infrastructures réseau, avec jusqu’à 100 collaborateurs prévus d’ici fin 2026.

Pascale Sourisse, vice-présidente exécutive senior en charge du développement international chez Thales, a déclaré : « La préparation à la défense commence par la préparation industrielle. Grâce à notre présence multi-domestique dans plus de 20 pays européens et à des investissements constants dans les technologies avancées, les capacités industrielles, le talent en ingénierie et la coopération stratégique entre champions nationaux, Thales s’engage résolument à répondre aux besoins du continent en solutions souveraines et interopérables, tout en accélérant le développement de la Base Industrielle et Technologique de Défense européenne pour soutenir les nations avec des capacités fiables, soutenant les opérations multi-domaines. »

Pour soutenir cette montée en puissance, le Groupe prévoit de recruter plus de 9 000 personnes en 2026, dont 70 % en Europe. Ces cinq dernières années, Thales a recruté au moins 8 000 collaborateurs par an pour accompagner la dynamique de croissance de ses secteurs clés.

Le Groupe cultive une forte tradition de partenariats transnationaux :

  • Thales est un acteur actif dans plusieurs programmes de défense transnationaux tels que SAMP/T NG, Scorpion/CAMO et MMCM ;
  • Le Groupe est impliqué dans plusieurs coentreprises, notamment trois en Italie avec Leonardo (Thales Alenia Space, Telespazio et Elettronica) ; trois avec Diehl Aviation (avionique) et Junghans Microtech (solutions de détonateurs) ainsi qu’avec Airbus (UMS, semi-conducteurs) ; SAES avec Navantia en Espagne ; ainsi que LS2 avec John Cockerill et FN Herstal en Belgique ;
  • Thales s’associe aussi par des partenariats stratégiques avec des industriels en Pologne (PGZ Group, Radmor), Norvège (Kongsberg), Danemark (Terma) et Suède (Saab) ;
  • Dans le domaine des environnements cloud de confiance, une coentreprise a été créée avec Google Cloud en France (S3NS) et une seconde est en cours de création en Allemagne.