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Une vétérane de l’armée américaine, ayant servi en Irak, a été maîtrisée et interpellée par trois soldats de la Garde nationale lors d’un incident survenu le mois dernier à Washington, D.C. Cette scène, filmée et récemment diffusée en ligne par un groupe communautaire local, montre la tension de l’intervention.

La vidéo d’environ deux minutes, publiée par Free DC, présente la femme, identifiée comme Anna King, qui demande aux soldats de la Garde nationale de s’éloigner, affirmant qu’ils n’ont pas l’autorité de la détenir. Malgré ses protestations, deux soldats la contraignent au sol et la immobilisent tandis qu’elle leur crie de la lâcher.

Selon son avocat, la vidéo est authentique. Anna King a servi dans l’armée américaine de 2005 à 2009, quittant le service avec le grade de capitaine. Son dossier militaire (DD-214) indique qu’elle était spécialisée en opérations psychologiques. Elle a reçu plusieurs décorations, dont la Bronze Star, la Purple Heart, la Médaille de campagne d’Irak avec étoile de campagne, ainsi que le Combat Action Badge.

Anna King a plaidé non coupable aux accusations d’agression liées à cet incident, comme le confirment les documents judiciaires.

La Joint Task Force – District of Columbia, qui supervise l’opération actuelle de la Garde nationale à Washington, s’est dite « consciente de la circulation de cette vidéo sur les réseaux sociaux ». Un porte-parole a précisé que, « lors d’une patrouille, les soldats ont reconnu une suspecte impliquée dans une agression antérieure contre des membres de la Garde nationale dans la capitale ». Ils ont alors procédé à sa détention et alerté la Police Métropolitaine (MPD), qui est rapidement intervenue pour procéder à son arrestation. Toute question relative à l’enquête doit être adressée à la MPD. »

Une porte-parole de la Police Métropolitaine a confirmé que King, âgée de 44 ans, a été arrêtée le 8 mai après sa détention par les soldats de la Garde, qui la suspectaient d’être impliquée dans un précédent incident.

Elle fait face à deux chefs d’accusation d’agression sur agent de police pour avoir, au moment de sa détention, agressé deux membres de la Garde nationale, eux-mêmes assermentés par le Service des Marshals des États-Unis, précise la police. Selon les dossiers judiciaires, elle est accusée d’avoir frappé un soldat au poing et d’avoir donné un coup de pied à un autre dans l’aine.

Par ailleurs, trois autres soldats de la Garde ont identifié King comme la personne ayant jeté un liquide non identifié sur eux lors d’un incident survenu le 6 mai, selon les enregistrements judiciaires.

Son avocate, Tonya Michelle Harris, a indiqué que King a refusé de faire une déclaration à ce sujet. Harris a aussi affirmé que les soldats de la Garde nationale impliqués dans l’interpellation du 8 mai étaient entrés sur la propriété privée de King sans mandat.

« Mme King était sur son propre domicile et n’a jamais invité les soldats à entrer sur sa propriété », a souligné Harris. « La loi est très claire quant aux conditions dans lesquelles un officier traditionnel peut pénétrer chez une personne pour procéder à une arrestation : il lui faut un mandat. »

Bien qu’elle soit locataire, King conserve le droit légal d’exiger que quiconque quitte son domicile. L’avocate estime que la Garde nationale aurait également dû posséder un mandat pour entrer sur la propriété, d’autant plus qu’elle n’était pas présente lors de l’incident du 6 mai.

« La vidéo montre clairement qu’il est sur sa propriété – en l’occurrence un soldat de la Garde –, et elle leur demande de partir. Elle a essayé de s’éloigner de la situation elle-même. Même si la Garde nationale dispose d’un pouvoir de police, ses membres doivent respecter la loi applicable à tous les officiers de police. De mon point de vue, la vidéo prouve qu’ils ne l’ont pas fait en procédant à son arrestation », conclut Tonya Michelle Harris.