Article de 645 mots ⏱️ 3 min de lecture

Washington DC a accepté de verser une indemnité à Sam O’Hara, un résident local, après sa détention jugée illégale pour avoir joué la musique emblématique de Star Wars devant des soldats de la Garde nationale. Cette décision intervient dans le cadre d’un accord à l’amiable pour mettre fin à une plainte déposée contre la capitale américaine.

Le District de Columbia a convenu de verser une somme non révélée à Sam O’Hara, qui affirme avoir été détenu illégalement alors qu’il suivait un groupe de soldats de la Garde nationale de l’Ohio en jouant l’« Impérial March » tiré de la saga Star Wars. L’American Civil Liberties Union (ACLU) du District, soutenant O’Hara dans sa plainte, a annoncé cet accord sans en dévoiler les modalités précises. Ce règlement ne concerne toutefois pas la partie de la plainte visant un sous-officier de la Garde nationale.

En octobre, O’Hara avait déposé une plainte contre le sergent Devon Beck, plusieurs policiers du Metropolitan Police Department (MPD) et le District de Columbia. Il y dénonçait une violation de ses droits constitutionnels au titre des Premier et Quatrième amendements, suite à sa détention le 11 septembre 2025. Alors qu’il suivait une patrouille en jouant l’« Impérial March » sur son téléphone ou un haut-parleur, il reçut un avertissement de la part d’un sergent lui indiquant que la police métropolitaine allait être appelée s’il ne cessait pas immédiatement.

Le sergent lui aurait dit : « Hé mec, si tu continues à nous suivre, on peut prévenir la police métropolitaine qui viendra te gérer si c’est ce que tu souhaites. C’est ce que tu veux ? »

Des policiers furent finalement dépêchés sur place, et O’Hara fut menotté et détenu une quinzaine de minutes. Il n’a pas été inculpé et a été relâché par la suite.

« Les efforts du gouvernement pour me faire taire ont finalement eu l’effet inverse, attirant davantage l’attention sur la présence injustifiée de la Garde nationale à Washington, D.C. », a déclaré Sam O’Hara, plaignant dans cette affaire. « Cet accord rappelle que les libertés constitutionnelles méritent d’être défendues, surtout quand ceux au pouvoir préfèreraient que nous restions silencieux. »

Depuis le déploiement des troupes de la Garde nationale dans la capitale en août, les patrouilles en uniforme sont devenues monnaie courante à Washington D.C., tout comme les manifestations contre cette présence militaire. Ces protestations oscillent entre manifestations traditionnelles, publications moqueuses sur les réseaux sociaux et, comme dans le cas d’O’Hara, un soutien sonore symbolique avec la bande originale évoquant Dark Vador et ses troupes de Stormtroopers.

Les soldats déployés dans le cadre de la Joint Task Force–District of Columbia (JTF-DC) opèrent sous ordre du Titre 32. Ils ne peuvent pas procéder à des arrestations mais ont la faculté de détenir brièvement des individus en attendant l’arrivée de la police. Ils ont été mobilisés pour épauler les forces de l’ordre, suite à des allégations sur la recrudescence de la criminalité à Washington D.C. Une étude publiée en mai par le Niskanen Center indique cependant que la présence de la Garde nationale n’a pas significativement réduit les taux de criminalité violente dans la capitale.

Actuellement, la Garde nationale devrait rester déployée à Washington D.C. jusqu’à la fin de l’année. Plus de 4 500 soldats venant de plusieurs états sont assignés à la JTF-DC, soit environ le double de l’effectif de début d’année, dans le cadre d’un renforcement des troupes militares à l’approche du 4 juillet.