Le Canada a sélectionné l’avion de surveillance aéroporté Saab GlobalEye comme prochain appareil de détection avancée, avant même de confirmer s’il répondait pleinement aux besoins de l’Armée de l’air canadienne.
Cette décision, annoncée en mai par le Premier ministre Mark Carney pour l’achat de six avions, a surpris les hauts responsables militaires, y compris le commandant de l’Armée de l’air, selon plusieurs sources. Les évaluations ultérieures ont montré que le modèle actuel de GlobalEye ne satisfait qu’une partie des critères militaires exigés.
Les principales insuffisances détectées sont :
- Une couverture radar non exhaustive à 360 degrés.
- L’absence de ravitaillement en vol.
- Des postes d’équipage en nombre limité.
- Une connectivité insuffisante pour une intégration optimale au réseau NORAD américano-canadien.
Malgré cela, l’Agence d’investissement en défense d’Ottawa défend ce choix en insistant sur le fait que le GlobalEye est un appareil éprouvé et constitue la meilleure option limitant les risques de développement.
De son côté, le Secrétaire d’État à l’acquisition de la défense, Stephen Fuhr, souligne que les exigences militaires ne sont qu’un aspect du choix, qui doit aussi prendre en compte les facteurs économiques, la production locale et les enjeux géopolitiques.
Saab a d’ores et déjà proposé des adaptations pour répondre aux besoins canadiens, notamment l’ajout de radars avant et arrière ainsi qu’une capacité de ravitaillement en vol.
Cependant, des analystes de défense et anciens responsables d’achats publics mettent en garde contre le contournement des processus classiques d’acquisition, qui pourrait entraîner retards, dépassements de coûts et lacunes opérationnelles, à l’image des difficultés rencontrées avec le programme des hélicoptères CH-148 Cyclone.
Alan William, ancien sous-ministre adjoint des matériels à la Défense canadienne, critique cette démarche : « Il n’est pas nécessaire d’en arriver à ces extrêmes pour essayer de faire plus vite. Cela affaiblit vraiment le processus et donne une impression très amateur. »