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Deux destroyers de la marine américaine ont franchi le détroit d’Ormuz samedi pour entrer dans le Golfe Persique, a annoncé le Commandement central américain (CENTCOM). Ces navires de guerre sont désormais engagés dans une mission visant à préparer les conditions pour le déminage de cette voie maritime stratégique.

Il s’agit de deux destroyers lance-missiles de classe Arleigh Burke, l’USS Frank E. Peterson et l’USS Michael Murphy. Après avoir traversé le détroit, ils naviguent actuellement dans le Golfe Persique, également appelé Golfe arabique. Cette opération, qui n’a pas été coordonnée avec Téhéran malgré l’ouverture des négociations le même jour, marque la première action significative des forces américaines dans la région depuis l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines le 7 avril.

« Aujourd’hui, nous avons entamé le processus d’établissement d’un nouveau passage sécurisé et partagerons bientôt cette voie avec l’industrie maritime afin de faciliter le libre-échange », a déclaré l’amiral Brad Cooper, chef du CENTCOM. Le président Donald Trump a également confirmé le lancement de cette mission via un message publié sur les réseaux sociaux.

La durée exacte de cette opération reste inconnue, tout comme le nombre total de mines posées dans le détroit.

Vendredi, le New York Times rapportait, sur la base de sources officielles américaines, que l’Iran avait perdu la trace de certaines mines qu’il avait implantées dans le détroit. Téhéran avait laissé un passage étroit libre, mais des mines ont été disposées de manière à pouvoir dériver. Les États-Unis ont retiré leurs dragueurs de mines, déléguant cette tâche à leurs navires de combat littoraux (LCS). Toutefois, en mars, deux des trois LCS opérant dans la zone sous la responsabilité du CENTCOM ont été redéployés vers Singapour.

CENTCOM a indiqué que des forces américaines supplémentaires, notamment des drones sous-marins, rejoindraient prochainement la mission. La participation d’autres navires de surface n’a pas été précisée. La marine américaine maintient plusieurs unités dans la région, impliquées dans le conflit. Selon le USNI News, sept autres destroyers lance-missiles sont actifs en mer d’Arabie, dont l’USS Spruance intégré au groupe aéronaval du porte-avions USS Abraham Lincoln. Le groupe amphibie Tripoli, embarquant une unité expéditionnaire de marines, est également présent dans la zone. Par ailleurs, deux destroyers se déplacent en mer Rouge.

Le détroit d’Ormuz constitue une voie de navigation vitale pour le transport du pétrole ainsi que de produits chimiques stratégiques indispensables aux économies mondiales. Le conflit prolongé dans la région a déjà perturbé le trafic commercial avant même le déploiement des mines, entraînant une flambée des prix de l’énergie.

Les mines posées représentent une menace extrême, non seulement pour les navires commerciaux mais aussi pour les bâtiments militaires. Lors de l’opération Tempête du Désert en 1991, le croiseur USS Princeton avait heurté deux mines dans le Golfe Persique, causant des blessures à trois membres d’équipage et contraignant à retirer le navire du théâtre d’opérations pour réparations.

Cette traversée du détroit intervient au moment où des négociateurs américains et iraniens se réunissent à Islamabad, au Pakistan, pour poursuivre les discussions sur le cessez-le-feu. Le Pakistan, principal médiateur dans ce conflit et à l’origine du cessez-le-feu annoncé mardi, a diffusé à la télévision publique que les principaux négociateurs, le vice-président américain JD Vance et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rencontrés en face-à-face en présence du chef d’état-major pakistanais, le général Asim Munir. Lors des précédents pourparlers, les échanges avaient lieu dans des salles séparées avec des intermédiaires.

Le statut du détroit d’Ormuz demeure un point majeur de discorde dans ces négociations, tout comme la poursuite des bombardements au Liban. Deux cycles de discussions auraient déjà eu lieu selon les médias iraniens.