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Un député écossais de Glasgow, ancien du secteur de la construction navale, alerte sur un risque important de pertes d’emplois chez BAE Systems sur la Clyde si un nouveau contrat majeur de conception de navires n’est pas obtenu d’ici dix-huit mois. Cette mise en garde intervient dans le cadre de sa réaction au Plan d’Investissement de la Défense.

Paul Sweeney, député travailliste écossais représentant Glasgow, qui a travaillé dans les chantiers navals de Govan et Scotstoun avant de se lancer en politique, accueille le plan avec prudence, le qualifiant de « pas dans la bonne direction, mais encore insuffisant ». Il souligne que les inquiétudes sur l’investissement en capital, présentes avant la publication du plan, restent d’actualité. Selon lui, « les réserves de John Healey restent valides », deux semaines après la démission du secrétaire à la Défense, et le pays a besoin d’un important renforcement des dépenses en capital, suggérant que l’investissement de défense soit « sorti des règles fiscales » pour libérer des marges de manœuvre.

Sa principale préoccupation porte sur le vide entre les navires en construction actuellement et la phase de conception qui devrait suivre. D’après ses contacts dans l’industrie, BAE Systems doit obtenir un contrat de conception significatif pour un nouveau navire dans les dix-huit prochains mois afin d’« éviter potentiellement des centaines de suppressions d’emplois en ingénierie de conception et architecture navale ». Il décrit la main-d’œuvre spécialisée sur la Clyde comme un centre mondialement reconnu, sollicité par plusieurs marines alliées, notamment celles d’Australie, du Canada ou de Norvège. Il appelle les ministres à confier à BAE la conception détaillée du nouveau Common Combat Vessel et à lancer ce travail pendant que les frégates Type 26 sont encore en construction, prônant « une continuité de la conception navale à intervalles réguliers » pour maintenir la cohésion des équipes entre les programmes.

Cette inquiétude reflète la longue histoire d’alternance entre périodes de prospérité et crises dans le secteur naval. Paul Sweeney réclame un engagement ferme du gouvernement pour un calendrier pérenne de construction navale dans les trois grands chantiers britanniques. « Nous avons besoin d’une garantie gouvernementale pour une construction navale continue à Barrow, Glasgow et Rosyth », insiste-t-il, dénonçant une erreur stratégique du gouvernement précédent qui avait fragmenté les activités sur trop de sites. À défaut, il avertit d’un risque sérieux de pertes d’emploi dans les années à venir si la capacité industrielle n’est pas préservée.

Concernant la conception même du Common Combat Vessel, Sweeney ne partage pas l’idée qu’il découlerait du plus petit Type 31 construit à Rosyth. Il estime que le navire devra être beaucoup plus grand pour remplir son rôle de bâtiment de commandement, rappelant que « l’acier est en réalité peu coûteux » et qu’il devra intégrer un nombre nettement supérieur de cellules de lancement vertical de missiles, à l’image du destroyer chinois Type 055 qui en compte plus d’une centaine. Selon lui, « le Type 31 est trop petit » et le nouveau navire devrait plutôt utiliser la coque du Type 26, qu’il qualifie de « base évidente pour avancer ». Il concède toutefois que le groupe Babcock pourrait proposer une évolution du Type 31, et rappelle que ni le design final ni le lieu de construction du nouveau navire ne sont encore définitivement arrêtés.

Sweeney se montre critique envers le projet de destroyer Type 83, destiné au remplacement, qu’il réduit à « une simple illustration en infographie », jamais concrétisée. Il soutient l’idée d’associer des navires de commandement armés à des plateformes moins coûteuses et sans équipage. La marine ne peut aisément absorber la perte d’un navire de guerre à un milliard de livres, rappelant combien « la perte du Sheffield avait été politiquement désastreuse pour le gouvernement de l’époque » lors du conflit des Malouines. Il plaide pour que la distribution des missiles et capteurs sur plusieurs plateformes plus petites, déployées dans des rôles d’escorte et de patrouille, rende la flotte plus difficile à neutraliser par un coup unique.

Il souligne également que chaque élément du Plan d’Investissement de la Défense devrait être dépensé au Royaume-Uni. Rejoignant Andy Burnham, il affirme que « chaque livre investi doit revenir à la chaîne d’approvisionnement britannique ». Cette exigence doit s’appliquer aussi bien aux grands docks flottants prévus à Faslane dans le cadre du projet EUSTON qu’aux navires sans équipage qui constitueront la flotte hybride, tous devant être construits dans des chantiers britanniques. Il rappelle que Rosyth fait face à un défi imminent avec la nécessité d’obtenir une commande d’exportation danoise pour le Type 31, essentielle pour maintenir l’activité du chantier à court terme.

Au-delà des contrats de défense, Paul Sweeney considère que cela ne suffira pas à maintenir l’industrie à flot. « On ne peut pas compter uniquement sur les commandes gouvernementales pour soutenir tout le secteur », déplore-t-il. Il qualifie l’état actuel de la construction navale britannique de quasi quasi-monopole public et appelle à reconstruire un secteur commercial que le Royaume-Uni a abandonné à la fin des années 1990. À cette période, la Grande-Bretagne est passée du statut de leader mondial à ce qu’il qualifie de « acteur statistiquement insignifiant », tandis que la Chine et la Corée du Sud dominaient la production globale. Il évoque les États européens comme l’Espagne, dont la société d’État Navantia a acquis Harland and Wolff, et souligne l’importance des outils financiers tels que les prêts garantis par l’État ou les dispositifs fiscaux avantageux qui donnent un avantage aux chantiers étrangers. Il cite aussi l’exemple du chantier Ferguson Marine, en difficulté, et ses ferries Glen Sannox et Glen Rosa, longtemps retardés, comme la preuve des conséquences du manque d’investissement durable.

Pour transformer les commandes navales en cours en une base industrielle pérenne, il plaide pour un plan national cohérent qui dépasse le simple cycle des commandes actuelles.