La Royal Navy va acquérir de nouveaux navires de soutien offshore en partenariat avec la Norvège, destinés à servir de navires-mères pour sa flotte croissante de chasseurs de mines autonomes, selon le Plan d’Investissement en Défense. Cette acquisition s’inscrit dans un programme plus large dédié à la guerre contre les mines.
Ce plan prévoit un budget de 90 millions de livres sterling pour l’achat de « navires de soutien offshore (OSV) en collaboration avec la Norvège », dans le cadre d’un programme plus vaste de capacité de chasse aux mines évalué à environ 1,3 milliard de livres sur les quatre prochaines années. Près de 1,1 milliard de livres seront consacrés à la prochaine phase du système autonome que le Royaume-Uni développe conjointement avec la France. L’objectif à long terme est de bâtir « une capacité de chasse aux mines transformée, basée sur des systèmes sans équipage et l’intelligence artificielle ».
Cette enveloppe financière marque la continuité d’une transition amorcée depuis plusieurs années par la Royal Navy, qui s’éloigne de l’envoi de chasseurs de mines avec équipage dans des zones minées, au profit de systèmes télécommandés et autonomes prenant en charge les missions les plus dangereuses. La flotte retire progressivement ses chasseurs de mines des classes Hunt et Sandown pour les remplacer par des navires de surface sans équipage et des systèmes de neutralisation des mines, développés dans le cadre d’un programme mené en coopération avec la France.
Ces systèmes autonomes nécessitent toutefois un navire capable de les transporter jusqu’au champ de mines, d’assurer leur maintenance et leur contrôle une fois déployés en mer. Ce rôle revient au navire-mère. Le premier navire de ce type de la Royal Navy, le HMS Stirling Castle, était à l’origine un navire de soutien aux plateformes pétrolières, le MV Island Crown. Il a été acquis par le ministère de la Défense en 2023 pour environ 40 millions de livres puis transformé à Devonport. Il a été mis en service en tant que bâtiment de guerre l’année dernière, après une période d’exploitation avec la Royal Fleet Auxiliary. Affichant un déplacement de 6 000 tonnes, il peut accueillir des bateaux sans équipage et des véhicules sous-marins, transporter leurs centres de commandement portables, ainsi que les lancer et les récupérer en mer, opérant principalement dans les eaux territoriales britanniques.
Le Stirling Castle devait initialement être le premier d’une petite série. Le ministère de la Défense avait ainsi annoncé son intention d’acquérir jusqu’à trois autres navires pour assurer les missions de commandement et de soutien en lutte contre les mines.
Le choix de la Norvège pour ce projet s’appuie sur les liens navals renforcés entre Londres et Oslo dans le cadre de l’accord Lunna House, qui soutient également la coopération envisagée autour des frégates de type 26. Par ailleurs, les systèmes autonomes de chasse aux mines que ces nouveaux navires embarqueront restent un effort conjoint franco-britannique.