Le gouvernement britannique détaille le financement du plan d’investissement de 15 milliards de livres pour la défense, en réaffectant les budgets d’investissement à travers les ministères, avec des réductions prévues notamment dans les dépenses routières et énergétiques. Un déficit de 4,7 milliards reste à confirmer lors du Budget d’automne.
Lors de sa déclaration écrite, la Chancelière du Trésor, Rachel Reeves, a rappelé que « la première mission de tout gouvernement est d’assurer la sécurité des citoyens ». Elle a confirmé une enveloppe supplémentaire de 15 milliards de livres destinée à la défense entre 2026-27 et 2029-30, portant ainsi le budget du ministère de la Défense (MoD) à près de 298 milliards de livres sur la période. Ce montant représente plus de 60 milliards de livres supplémentaires par rapport aux plans du gouvernement précédent, signe, selon elle, que la sécurité nationale est « au cœur de notre sécurité économique ».
La Chancelière a souligné que ce financement représente « plus de ressources pour la défense britannique, déployées de manière plus efficace ». Ce financement a été obtenu en revalorisant les priorités dans les dépenses publiques tout en respectant les règles fiscales du gouvernement. Elle a précisé que les ressources ne seraient pas détournées des dépenses courantes consacrées aux services de première ligne, s’appuyant principalement sur une réaffectation des budgets d’investissement de différents départements ministériels.
Sur les 15 milliards, 10,3 milliards de livres ont été identifiés à ce jour, tandis que les 4,7 milliards restants devront être confirmés lors du Budget d’automne. Le Trésor a indiqué que les ministères devront rechercher des gains d’efficacité, annuler ou repousser des programmes jugés moins prioritaires, et céder les terrains et bâtiments sous-utilisés. Dans les mots de la Chancelière, le gouvernement restera « impitoyablement concentré sur la valeur pour l’argent des contribuables ».
Deux départements bénéficiant de lourds budgets d’investissement ont été particulièrement sollicités : le Département des Transports doit dégager jusqu’à 700 millions de livres d’économies sur le financement des infrastructures routières, tandis que le Département de la Sécurité énergétique et du Zéro carbone fournira 2 milliards supplémentaires, tout en poursuivant « la mission de production d’énergie propre » et en soutenant la construction d’énergies renouvelables et nucléaires. Par ailleurs, une réduction d’1% des budgets d’investissement des ministères à travers l’ensemble de l’administration britannique rapportera 4 milliards de livres sur quatre ans.
Outre ces économies, le gouvernement indique que 3,4 milliards de livres de capacité financière supplémentaire ont été générés par des mesures d’allègement du budget de la défense, notamment par la prise en charge par le Trésor de 2,4 milliards de coûts liés à des engagements internationaux en cours, comme les garanties de sécurité envers l’Ukraine en cas de cessez-le-feu. S’y ajoutent des revenus issus de la rationalisation du patrimoine immobilier du MoD ainsi que de la répriorisation interne des dépenses par le ministère. Associés aux 11,6 milliards de fonds nouveaux, cela porte le total à 15 milliards de livres.
Le communiqué énumère les principaux axes d’investissement : plus de 5 milliards de livres pour les systèmes de drones et autonomes, 8,6 milliards pour le programme d’avion de combat global mené avec l’Italie et le Japon, 11 milliards pour les munitions et au moins six nouvelles usines d’énergétiques, 3,2 milliards pour l’espace et 64 milliards pour le renouvellement de la dissuasion nucléaire.
Le gouvernement précise que cet investissement portera la part des dépenses britanniques consacrées à la défense au cœur des engagements de l’OTAN à 2,7 % du PIB à partir de 2027-28.
Enfin, Rachel Reeves a annoncé une refonte de la gestion financière au sein du ministère de la Défense, avec une responsabilisation accrue des gestionnaires de budgets auprès du secrétaire permanent du ministère. Elle a également promis la récupération de 250 millions de livres de fraudes d’ici la fin de la décennie et des comptes-rendus annuels au Parlement sur l’avancement du plan. La Chancelière a insisté sur l’engagement du gouvernement en faveur de « la durabilité fiscale » et le respect des « règles fiscales strictes ». Avec les 4,7 milliards restant à valider lors du Budget d’automne et la perspective d’une hausse jusqu’à 3,5 % du PIB dépendante des arbitrages d’une future revue des dépenses, le plan fixe un total engagé sur quatre ans, tout en laissant ouvertes des décisions à plus long terme. Une nouvelle évaluation des dépenses de défense des alliés de l’OTAN est attendue pour 2029.