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Deux nouvelles frégates Type 23 de la Royal Navy vont être retirées du service, alors que cette classe vieillissante entame une sortie progressive qui s’étalera jusqu’en 2033, selon le Plan d’investissement de la Défense.

Ces deux retraits supplémentaires ont été confirmés par le ministre de la Préparation à la Défense et de l’Industrie, Luke Pollard, qui a expliqué aux journalistes que l’état matériel dégradé de nombreux bâtiments anciens constituait un facteur déterminant dans cette décision. Il a précisé s’exprimer en tant que député de la circonscription de Devonport, où les frégates Type 23 sont régulièrement rénovées.

Le document mentionne ce changement dans le cadre d’une réorganisation plus large, soulignant que la remise en ordre de la chaîne de construction navale a imposé des « décisions difficiles mais nécessaires ». Parmi celles-ci figure le retrait progressif des frégates Type 23 vieillissantes, après plusieurs décennies de service, parallèlement à la mise en service de nouveaux navires durant cette même période.

Jusqu’à présent, les frégates de classe Duke étaient censées rester en service jusqu’environ 2035. La date avancée à 2033 dans le plan marque donc une cessation plus précoce que prévu pour cette classe.

La signification de ces deux départs supplémentaires réside dans le nombre désormais très restreint de frégates encore opérationnelles. Après une série de retraits, notamment des HMS Lancaster fin 2023 et HMS Iron Duke au printemps, et avec le HMS Richmond prévu pour suivre d’ici la fin de l’année, la flotte dispose désormais d’environ cinq unités aptes à être déployées. Cette réduction intervient alors que la flotte est déjà très sollicitée, notamment pour l’escorte des porte-avions, la protection des sous-marins nucléaires stratégiques et les opérations permanentes au sein de l’OTAN.

Les Type 23 ont été conçues pour une durée de vie d’environ dix-huit ans ; beaucoup de ces frégates sont désormais dans leur quatrième décennie. Leur usure, aggravée par la corrosion, n’a pu être réellement freinée que par des refontes coûteuses destinées à prolonger leur durée de service, mais ces efforts n’ont pas permis de les maintenir efficacement à la mer aussi longtemps que prévu.

Cette situation a parfois abouti à des situations problématiques en termes de rapport qualité-prix, comme le retrait du HMS Iron Duke seulement seize mois après une refonte ayant coûté plus de cent millions de livres au contribuable, ce qui a suscité des critiques dans les milieux militaires. Luke Pollard a imputé ces difficultés plus larges au retard pris dans la commande des remplaçantes, les frégates Type 26 et Type 31, qu’il jugeait nécessaires bien plus tôt et qui ont été commandées tardivement par le gouvernement précédent. Ce retard a également freiné les travaux dans les chantiers navals essentiels à la flotte, notamment la construction du bassin numéro 10 à Devonport, jugé trop tardif, ainsi que le projet Royal Oak, décrit comme « la plus grande modernisation d’une base navale en 50 ans ».

Le ministre a évoqué cette décision dans le cadre d’une transformation plus large de la flotte de surface. Le destroyer Type 83 et la frégate Type 32, hérités comme concepts du précédent gouvernement sans financement associé, ont été abandonnés au profit d’un navire de combat commun et d’une marine hybride mêlant plates-formes sans équipage et navires habités. « Je ne peux pas aligner un modèle CGI contre Poutine », a-t-il ironisé à propos des projets annulés, estimant que les ressources consacrées à ces illustrations artistiques immatérielles seraient mieux investies dans des navires opérationnels capables de prendre la mer. Les nouvelles plates-formes sans équipage dédiées à la détection et aux missiles, mentionnées dans le plan, navigueront plutôt aux côtés des frégates que pour les remplacer totalement.

Les remplaçants sont en cours de construction en Écosse : les frégates anti-sous-marines Type 26, réalisées par BAE Systems sur la Clyde, avec le HMS Glasgow qui doit commencer ses essais en mer cette année, et cinq frégates polyvalentes Type 31 construites par Babcock à Rosyth. Ces treize unités sont destinées à renouveler la capacité d’escorte de la Royal Navy au cours de la prochaine décennie.

Une partie des Type 26 sera exploitée conjointement avec la Norvège dans le cadre d’un contrat de dix milliards de livres présenté comme un renforcement du flanc nord de l’OTAN. Cette coopération a soulevé des interrogations chez certains observateurs navals quant à la disponibilité de la flotte britannique, certains craignant que des navires du lot de production ne soient transférés à l’étranger, privant ainsi la Royal Navy d’un certain nombre d’unités dans sa quête des huit frégates qu’elle s’est fixée.